Notre vie a la saveur du blé mouillé

Qu'on n'a pas moissonné,

Quand le ciel était clair

Et qu'il était grand temps.

 

Maintenant, il gît sur le sol

Et penche sa tristesse de chose inutile                                                                  

semailles

 Qui ne servira pas au pain de tous les jours.

Il revient à la terre.

Notre vie se penche aussi vers la terre.

Elle ne servira pas au pain de tous les jours.

Le poids de sa défaite l'entraîne à s'engloutir.

Elle va pourrir doucement avec les fleurs fanées.

 

Quelles chaudes senteurs d'amour

Quelles richesses!

Dans la boue, les pluies et le vent,

Dans la putréfaction des feuilles mortes

Depuis tant de saisons.

 

Quelle plénitude!, quelle joie!

Lourdes de jouissances

Dans cet abandon

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Extrait du recueil "Jours insensés"

publié sur Bleueblues.canalblog.com