En mars, j'aborde avec mon médecin la question d'une possible cure à Laroche-Posay. La réaction du Dr. Demazière est déconcertante. "Des malades plus atteints sont prioritaires - dit-elle- ne pas compter sur une admission avant novembre". Mais non! ma demande de réservation est pour mai. C'est à la date du 28 mai que le  Centre de cure dermatologique m'enregistre comme curiste. J'ai des raisons d'être contrariée : le Dr Demazière ne fait pas la démarche auprès de la sécurité sociale pour faire valoir mes droits aux   "100 pour 100" , alors qu'elle est en possession de mon dossier attestant de deux maladies incurables de longue durée :la maladie de Lyme et la Polyarthrite.

Dès le départ, un loupé. L'agent chargé de l'enlèvement de ma valise ne se manifeste pas et rédige un rapport "absente de son domicile". Un camionneur se présente l'après-midi. Ma valise ne m'est livrée à la Roche-Posay que mardi 29 mai au lieu de dimanche.

 Dimanche 27 mai, Mon fils me conduit à la Gare Mont-Parnasse. Le train annoncé, il m'accompagne jusqu'à ma place réservée en 1ère classe. Ma petite chienne Rumba est du voyage . Arrivée à Chatellerault à 19.12h.cathédrale La navette pour la Roche-Posay 40mn plus tard. Deuxième incident : en montant dans le car, je me cogne sur une marche et me blesse le tibia.

Terminus devant l'Office du Tourisme. La logeuse est sur le quai et me fait un accueil chaleureux. Elle m'entraîne dans un tour de ville. En chemin, elle me raconte que son enfant en bas-âge, gravement brûlé, doit sa guérison aux traitements quotidiens du Centre de soins de la Roche-Posayn, c'est pourquoi, elle s'y est installée d'une façon permanente avec sa famille. 

 Enfin, nous arrivons au 6 rue Saint-Louis. Déverrouillage des portes. Celle de façade ouvre sur un couloir, vu sur le local technique à gauche, escalier à droite. Au fond, une deuxième porte; on accède à une courette , genre espace de promenade pour détenu en isolement : grillage et mur de béton. Troisième porte, le logement. Une pièce tout en longueur : kitchinette et table formica pour la partie cuisine; espace détente : un fauteuil en plastique, face à une télé posée sur le buffet. La porte est vitrée; le plafond est en tôle synthétique jaune sur laquelle la pluie tambourine les jours d'orage. Au fond, une porte s'ouvre sur une grande pièce meublée de deux lits- un double et un simple, une petite table pliante et une demi-douzaine de chaises, un placard encastré dans le mur. Une fenêtre à la tête du lit donne sur un escalier descendant dans une cave et la courette aux murs aveugles. 

 Le contact de location mentionne "TOUT EST NEUF": le four est hors service, la douche déglinguée, le linge de médiocre qualité. Coût de l'hébergement pour 20 jours : 703,40 euro (avec les suppléments : linge de lit, serviettes de toilette, télévision 40e, ménage de fin de séjour). Une déconvenue que la propriétaire tente de faire oublier par une attitude obligeante empreinte d'une familiarité qui se joue amicale.

 L'Etablissement accueille des opérés du cancer, des grands brûlés, des affligés de psoriasis et dépigmentation. Les soins débutent par une visite médicale (120e à l'entrée, 120e en fin de cure), au cours de laquelle sont établis le programme et le timing, entre 6 et 12h: pulvérisation chaude sur le corps entier (3mn), douche filiforme (15mn) , pulvérisations tiède sur le visage (15mn) , bain à bulles (15/20mn) . Les soigneuses veillent au bon déroulement des passages individuels en cabine, avec le minimum d'attente. Les lieux sont d'une propreté rigoureuse. Fin de matinée, au départ des derniers curistes, l'équipe soignante au complet se lance dans le nettoyage ; rien n'échappe à leur vigilance.

 Autour du Centre de cure, la ville ronronne paisiblement sur les berges de la Creuse*. Le marché deux fois par semaine. Deux boulangeries-pâtisseries, deux pharmacies modernes, un magasin de diététique avec produits bio, un traiteur, un cinéma, des restaurants, bars avec terrasses, Papeterie, journaux librairie, coiffeurs, fleuriste. 

 Pas de vétérinaire. La pharmacie offre quelques produits vétos. Un collyre pour traiter les yeux de ma chienne n'est pas d'un grand secours.  Elle trotte  gentiment au cours de nos balades en ville et en dehors jusqu'aux rives du fleuve. de temps en temps, elle s'affaisse à plat ventre. Le vétérinaire le plus proche est à Poitier.

Entre deux navettes pour une virée à Chatellerault, nous ne disposons qu'une heure de battement. C'est jour de marché. Nous nous amusons à acheter des chaussures  devant le vendeur ébahi. L'amie réunionnaise dit "attendez -moi, je vais faire une prière".

rumba

Avec l'amie Mayotte, nous l'attendons sur le bord du trottoir. La cathédrale possède une magnifique statue de Saint-Jacques de Compostelle,  Chatellerault étant une étape du pellerinage. Cette charmante jeune femme m'avait dit "pas de chien autour de moi, je suis musulmane" Toutes deux grandes brûlées souffrant de graves séquelles mais tellement rieuses et contentes d'être en compagnie. 

 La poste mobile bloque mes appels et messages téléphoniques sous prétexte d'un dépassement de forfait. Je soupçonne une communication longue distance avec une sœur qui avait cherché à me joindre et que j'ai rappelée alors que ce n'était pas nécessaire. Nous étions brouillées depuis l'été 2017.

 Pas de cabine téléphonique dans la ville ni même au bureau de poste. L'employée tente de renflouer mon compte avec ma carte visa, en vain. Je me rends à Chatellerault. L'employée du Crédit mutuel réussit à joindre mon agence bancaire locale. Je sors de mes gonds : qu'on m'explique pourquoi on refuse d'alimenter mon compte. Réponse : une panne informatique. Je me rends alors à la grande poste de Chatellerault. L'employée m'accorde tout son temps et révèle un imbroglio : il n'y a pas de blocage pour dépassement. Les tracasseries générées par ce monde informatisé m'accablent.

Dans la soirée du 14 août, ma chienne ne soulève plus son arrière-train, ses pattes ne la portent plus. Elle est en grande détresse. Elle pleure d'angoisse et de douleurs. A cette minute, un appel téléphonique auquel je crois devoir répondre. Au bout du fil, c'est ma soeur. Elle a encore des comptes à règler et ne semble pas disposée à remettre la communication à un autre moment bien que je sois en pleine panique. 

Le lendemain  15 août, Rumba meurt chez le véto, faisant de moi une sinistrée du coeur.  

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 Au tournant de l'année, un évènement bouleverse ma vie. En décembre, le décès de mon ex.mari -dont j'étais séparée depuis 1972- perturbe durablement la bonne entente entre mon fils et moi-même**. 

 

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*   la rivière se jette dans un des affluents de la Loire :Le Vienne

** voir texte "zone de turbulence".